Ce n’est pas un poème.
J’écris pour ne pas étouffer.
Ça fait quinze ans que je traîne ce poids, cette plaie ouverte.
Quinze ans à porter une blessure qui n’aurait jamais dû être la mienne.
Comment dire sans qu’on me colle la culpabilité sur la peau,sans qu’on m’impose la honte,alors que ce n’était pas ma faute ?
J’avais cinq ans.
Cinq ans quand on m’a arraché ma pureté.
Cinq ans, et ce n’était pas qu’une fois.C’était l’entourage.La famille.
Ceux qui auraient dû protéger, pas détruire.
J’ai mal.
Parce que ça a tout fracassé : ma vision de l’amour, ma façon d’aimer, ma façon de faire confiance.
Parce que chaque souvenir revient comme une gifle,comme si je revivais encore et encore.
Ça fait partie de moi maintenant,ce vécu sale, violent, douloureux,ce passé qui me ronge.
Oui, j’ai pensé partir.
Rejoindre les cieux pour que ça s’arrête enfin.
Et pourtant je le sais :je suis toujours pure pour les cieux.
Alors dis-moi :est-ce que c’était de ma faute ?