Quand l'amitié s'éteint
On rêvait de grandeur,
Toi et moi.
On se regardait comme deux frères,
Pas du même sang,
Mais du même feu.
Du même vide à combler.
On avait dit :
« On s’en sortira ensemble. »
On arrêterait de fuir,
De se noyer dans les corps tièdes,
Dans les regards fuyants,
Dans l’alcool et les mensonges.
On avait dit :
« On sera différents. »
On construira.
On élèvera nos cœurs
Plutôt que nos égos.
On gardera nos valeurs
Comme des talismans.
Mais tu m’as quitté
Sans partir.
Tu m’as trahi
Avec un sourire.
Et ce n’était pas une erreur.
Tu savais.
Tu savais ce que tu faisais.
Tu m’as regardé droit dans les yeux
En me disant que tout allait bien.
À moi,
Qui connaissais chacune de tes fuites,
Chacune de tes nuits sans sommeil.
Tu as choisi de courir
Après un cœur
Qui ne te connaissait pas,
Plutôt que de tendre la main
À celui qui t’attendait,
Sans condition.
Tu as changé.
Ou peut-être que c’est moi.
Peut-être que je t’ai idéalisé.
Peut-être que j’ai vu un frère
Là où tu ne voyais qu’un ami de passage.
Mais ce qui me tue,
Ce ne sont pas les choix que tu as faits.
C’est la manière dont tu les as faits.
En silence.
En détournant les yeux.
Comme si j’étais devenu un poids,
Un rappel de ce que tu voulais fuir.
Et tu cours toujours.
De cœur en cœur.
D’illusion en illusion.
Tu cherches la paix
Dans les bras d’autres âmes,
Mais elle ne viendra pas
Tant que tu n’auras pas regardé en arrière.
Moi, j’ai arrêté de courir.
J’ai décidé d’affronter mes ombres,
De réparer ce qui peut l’être.
J’ai choisi d’être quelqu’un de bien.
Et ce choix m’a coûté ton absence.
Je ne veux plus faire semblant.
Je ne veux plus jouer à oublier.
Je ne veux plus fermer les yeux
Sur l’évidence.
Tu n’étais pas bon pour moi.
Et c’est peut-être ça,
La plus grande peine :
Se rendre compte
Que même les plus beaux souvenirs
Peuvent être salis.
On finit par devenir
Ceux qu’on fréquente.
Et moi, je ne veux plus me perdre
Dans ce reflet-là.
Alors je trace la frontière.
Pas par haine.
Pas par vengeance.
Mais par nécessité.
On ne sera plus frères.
On ne sera même plus amis.
Juste deux silhouettes
Qui ont marché un temps ensemble
Avant de bifurquer.
Je te souhaite d’aller mieux.
Mais sans moi.
Car aujourd’hui,
Je m’élève.
Et tu as choisi de t’éloigner.
Gege
G