J'aime l'amour qui parle avec lenteur basse
Comme l'ange qui chuchote sur l'arceau.
À qui je prie quand ma tête est lasse,
Lui dont la voix me rend le rythme du berceau.
Mon amour est une vierge proscrite
D'un être béni et pourtant redouté,
Fuyant les clameurs d'une foule hypocrite
Qui peut tout ravir. Hors l'immortalité.
J'aime l'amour de Dieu souffle à ma fange
Comme un aveugle allumant un flambeau.
J'aime l'amour rêvé, ressemblant à l'ange,
Promis de ressusciter au cendre du tombeau.
Un cœur qui prend ses pâleurs à la mélancolie
Ma joue a blêmi comme sous un affont !
Sous mes épaules flotte un pourpre avilie,
La couronne d'épines est saignante au front.
Qui aimer vraiment
Un insulaire d'où fleurit l'oranger,
Espérant d'être amant,
Qui essuie les larmes d'un étranger ?
Si l'amour rendait l'âme en un cœur
Je serais un joyeux-mourant !
Sa mélodie entonnée par un chœur,
Le refrain suivi en courant.
Victor Poète✍
BIBLIOTHÈQUE VICTOR POÈTE-PAROLIER📚
©Victor P
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