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Sa jeunesse

Sa jeunesse
Il lui arrivait parfois d’avoir une fougue rutilante,
typique de la vingtaine qu’on lui a fusillée, insolente ;
ses yeux ont pour carence ses délires d’autrefois,
qui l'animait, le valsaient, dans quelques autres bras.Je le vois mort pourtant, son cœur bat et se débat
sous une peau trop lourde, qu’il n’en peut plus du poids.
Il me faut faire preuve d’une solennelle dentelle,
et faire mon deuil de celui qui m’a pris sous son aile…à quinze ans, nous avions la confiance d’un chêne centenaire
Nous étions deux à régner sur toute une école secondaire.
Moi, j’organisais toutes les campagnes pour que l’on soit élus,
lui, le stratège des questions pièges, aucun débat il n’a perdu.C’était son côté théâtral, un improvisateur à la divine répartie ;
Il pouvait citer Thatcher et ridiculiser tous les autres partis .
Paraît-il qu’en secret il organisait des révolutions prohibées ;
pour défendre des principes, il savait où et quand se cacher.Et encore et encore, la direction mit sa tête à prix ;
jamais l’a-t-on coincé : l’école a changé grâce à lui.
Il était l’auteur de ces révoltes que la police a investiguées,
lui, la force tranquille qui ficelait tout, et moi, la popularité.Or je le revois épris de spasmes, d’une fièvre ou de douleur ;
c’est vous dire à quel point sa léthargie me brise le cœur.
Ses rêves sont brûlés dans son jeune corps malade,
et moi, j’ai avancé sans réaliser à quel point il devient fade