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Sans toi, Papa...

Sans toi, Papa...
Papa,
ta mort n’a pas seulement pris ta vie,
elle a arraché une partie de la mienne.
Depuis ton départ,
je marche avec un vide
que personne ne voit
mais qui me pèse à chaque pas.
Le monde m’a demandé d’être forte,
de comprendre,
d’accepter.
Mais comment accepte-t-on
de ne plus jamais entendre
la voix de celui
qui donnait un sens au mot sécurité ?
Il y a des nuits
où ton absence crie plus fort que tout.
Des moments où je réalise
que plus rien ne viendra réparer
ce manque précis,
irremplaçable.
Tu es mort, papa,
et avec toi sont morts
les projets,
les mots jamais dits,
les bras dans lesquels
je rêvais encore de me réfugier.
Je vis, oui.
Mais je vis différemment.
Avec une blessure qui ne saigne plus
mais qui ne guérit pas.
Avec cette question silencieuse :
comment avancer quand l’un de tes piliers s’effondre ?
Papa,
si l’amour pouvait ramener les morts,
tu serais déjà là.
Mais il ne me reste que ce deuil,
lourd, fidèle,
et cette douleur tragique
d’apprendre à être forte
sans toi.