Les ordures l'accueillent
En une tranquillité sordide.
Le regard sur moi, les gens se recueillent
D'une fixation peu limpide.
"Il y a rien à voir, c'est de sa faute",
Tant de préjugés sans se faire à l'idée
Qu'avant d'atterrir dans cette saute
Étrange d'habitat j'en obtenais
Une en toute bienséance et légalité.
La vie a basculé depuis,
Vivre simplement est devenu mon appuis.
Parcourir les rues à longueur de journée
Est devenu un travail
Pour trouver de quoi me nourrir,
S'obstiner et peut être garder le sourire.
Je suis passé de maison à trottoir.
SDF, ce sigle à trois lettres
m'a sali au point de me l'attribuer.
De ville en ville, je ne su trouver un territoire
Dans lequel me caser et se mettre
En toute aise sur cette terre un peu rouillée.
©israell
I