Ce soir, je vois la lune comme à travers
Un mouchoire, qu'elle pénètre de son halo
Livide et flou, grisant le ciel dans son rêve.
Mon corps mou gonfle les draps et ces mots-là,
Me vident pour le grand grimoire des poètes.
Comme le vent du songe et la houle du temps,
Poussent fort le vaisseau tiré par la mouette.
Mon esprit battant des ailes et haletant,
S'endort et plonge à pic en traversant les mondes ;
Notre lune du mouchoire s'en est allée,
Sur son voile alourdi de nuit s'est étalée,
Et moi je me vois Lui rendre ma vie dans l'onde.
Comme on repose un nénuphar
Tout doucement après l'avoir
Miré du bout des doigts quelques secondes.
©kamış
K