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Si l'amour avait un nom S'il fallait donner à l'amour un autre nom, ce serait…

Si l'amour avait un nom

S'il fallait donner à l'amour un autre nom, ce serait le tien sans hésitation, sans détour, comme une évidence que l'on n'invente pas mais que l'on reconnaît.

Tu es ce que les mots cherchent désespérément
lorsqu'ils se découvrent trop étroits, trop pauvres pour contenir ce qu'ils tentent d'approcher.

Tu n'es pas seulement belle. Tu es ce qui trouble la lumière quand tu traverses une pièce, ce qui suspend le bruit du monde sans même le vouloir, ce qui oblige le regard à s'attarder là où il n'avait prévu que de passer.

Il y a dans ta présence une évidence rare comme si l'univers, une seule fois, avait décidé de bien faire les choses et avait mis tout son soin dans toi.

Et moi, je t'ai regardée comme on contemple ce que l'on sait déjà précieux avant même de le posséder pleinement avec cette crainte douce de le voir disparaître avant qu'il nous appartienne vraiment.

Ton sourire n'est pas un simple geste du visage. C'est une arme de douceur absolue, qui désarme sans lever la main, qui conquiert sans déclarer la guerre.

Ton regard ne se contente pas de parler il révèle. Et dans ce qu'il dévoile, quelque chose demeure, s'inscrit, reste gravé longtemps après que tes yeux se sont détournés.

On croit avoir compris la beauté jusqu'au jour où elle prend ton visage, ton nom, ta façon d'exister et alors tout ce que l'on savait s'efface, humblement, pour recommencer.

Tu rends les instants plus justes, les silences moins lourds à porter, les heures moins creuses, moins froides.

Et je me surprends à penser à toi comme on pense à ce qui manque déjà alors qu'il est encore là, tout proche, encore réel, encore présent.

Je pourrais dire simplement je t'aime. Mais ces trois mots seraient trop étroits, trop ordinaires pour ce que tu fais naître en moi pour cet incendie calme, ce vertige qui ressemble à la paix.

Car t'aimer, c'est consentir à ne plus être le même. C'est marcher sur cette ligne fragile entre l'apaisement et le précipice. C'est comprendre que certaines présences ne se possèdent pas elles se traversent, comme on traverse un pays magnifique en sachant qu'on en gardera la lumière toute sa vie.

Et si le monde cherchait une preuve que la beauté n'est pas un mythe, que quelque chose ici-bas mérite vraiment d'être regardé avec révérence je ne pointerais pas le ciel. Je te pointerais toi.

Parce que si l'amour devait avoir un autre nom,
ce serait le tien. Et si le désir avait une forme,
il aurait ton ombre cette trace lumineuse que tu laisses sur tout ce que tu frôles, sur tout ce que tu es, sur tout ce que, désormais, je ne peux plus imaginer sans toi.

Si l'amour avait un nom

S'il fallait donner à l'amour un autre nom, ce serait…