R

Sortilège

Sortilège
Je ne t’ai pas aimé doucement.
Je t’ai aimé comme on tombe
sous un sort,
sans comprendre quand
ni comment
on a cessé de s’appartenir.
Ton amour avait le goût
du danger et du miracle.
Il promettait le ciel
tout en m’enchaînant à la terre.
Je savais que ça faisait mal,
mais je croyais que l’amour
devait brûler pour être vrai.
Tu étais ma faiblesse
déguisée en refuge.
Je t’aimais même
quand tu me blessais,
parce que ton regard
me faisait croire
que j’existais enfin.
C’était un amour ensorcelé,
pas un choix.
Un lien invisible
qui me ramenait toujours à toi,
même quand partir
aurait été me sauver.
Je me suis perdue
en croyant aimer.
J’ai confondu passion et survie,
attachement et destin.
Et plus je voulais te garder,
plus je disparaissais.
Sortilège cruel :
aimer quelqu’un
qui te possède sans te protéger.
Un amour si fort
qu’il ressemble à une prison,
si intense
qu’on oublie ce qu’est la paix.
Et quand le charme se brise enfin,
il reste quoi ?
Une âme fatiguée,
un cœur cabossé,
et cette vérité douloureuse :
ce n’était pas l’amour
qui était éternel,
c’était l’emprise.