Sous le clair de lune
En flânant sous le velours argenté de la lune, j'ai croisé la silhouette d'une femme aux environs de ses trente-cinq printemps. Elle portait un prénom enchanté Steffany et ses yeux brillaient d'un éclat sauvage et pur, semblables à ceux d'une gazelle surprise par l'aurore. C'était sur la plus douce des plaines, là où la brise du soir posait ses lèvres sur ma joue comme une mélodie oubliée que l'on retrouve en rêve.
Mon âme s'est laissée apprivoiser par la chaleur dorée de minuit. Une attraction mielleuse, presque divine, a fleuri à l'aube de ma vie comme une rose que personne n'attendait. Il a suffi d'un seul baiser de cette femme pour que le monde perde sa consistance pour que sa présence me semble à la fois irréelle et plus vraie que tout ce que j'avais connu.
C'est une sensation étrange et vertigineuse que d'éprouver une telle chose pour une inconnue. Le Destin, je te l'avoue, sait tisser ses fils là où l'on ne regarde plus. Sur ses lèvres, j'ai retrouvé un arôme que je croyais à jamais enfoui dans les silences de ma mémoire. Est-ce là ce que les poètes, dans leurs nuits d'insomnie, ont toujours appelé l'amour ?
J'ai consulté mon cœur, ce vieux confident souvent muet. Et il m'a répondu, avec une certitude désarmante :
« Jeune homme, laisse-moi demeurer auprès de cette reine. Si aimer est folie, alors je consens à perdre la raison pour elle. »
Pouvais-je contester une vérité si lumineuse ?
Elle est d'une beauté rare celle que l'on ne fabrique pas, celle que le temps sculpte en secret. C'est ce que mes yeux ont découvert en tremblant. Elle est celle que j'aime, et c'est ce que mon cœur m'a murmuré au creux de la nuit dernière, comme un secret trop précieux pour être dit à voix haute.
Désormais, lorsque je marche seul sous la pluie et qu'une étoile filante déchire le ciel brodé d'obscurité, je ne formule plus aucun vœu.
Mon rêve d'un roi est devenu réalité.
G
Sous le clair de lune En flânant sous le velours argenté de la lune, j'ai…