V

SOUVENIR

Tenant le rideau du Bicêtre
Au loin passe la bienveillance,
Je laboure au fond de l'être
Le bout d'un brin de vaillance.
Le nom porté sans crédit
Élève une muraille de poisse,
Livré à un scandale inédit
Que mon utopie s'accroisse.
Je ne me mens à moi-même
Ma conscience fidèle argousin.
Dans un jugement suprême
Je me délivre du grand bousin.
Un moment plein de larmes.
Le bruit qu'à chaque heure j'oie
Quand sonnent les alarmes,
N'est jamais un cantique de joie.
Loin une charité dansante
Se livre à l'avarice de centimes,
Et dans ma tête pensante
L'ennui règne au bal de victimes.
Sur un chérubin hideux
Le futur se choisit le Dauphin,
Un rêve collé aux yeux,
Le cœur caresse un Séraphin.
Une forte pluie s'abat
Sur des graines que j'assèche.
allongé sur un grabat
J'inhale la fumée d'une sèche.
Je ne pense qu'à l'avenir
Sans se préoccuper du demain,
J'ai un mauvais souvenir
De vouloir résoudre à une main.
Victor Poète✍
BIBLIOTHÈQUE VICTOR POÈTE-PAROLIER📚
©Victor P