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Texte 1. À celle qui m'habite et m'abîme.

Texte 1. À celle qui m'habite et m'abîme.

Dans la vallée de l'ombre de la mort,

Au milieu des vautours et des cœurs orphelins,

J'ai trimballé mes maux et remords

Dans une quête qui n'eut aucune fin.

Si les yeux sont le miroir de l'âme,

Vois donc l'abîme qui s'ouvre en moi

Dans le théâtre des ronces et des larmes

Cayennes, mes derniers rêves seront pour toi.

Jusqu'au dernier son de ton cœur, jusqu'aux derniers grammes de souffre

Jusqu'à ce que mes promesses t'atteignent, et ce quoi qu'il en coûte.

Au milieu d'un amas desséché, de nos plus sombres secrets

J'ai effleuré, avec ferveur, nos plus belles cicatrices,

Même quand l'univers et Morphée me prirent celles que j'ai aimé

Cayennes dans l'insomnie, j'ai contemplé nos précipices.

Tes paroles-couteaux, saignent encore mon cœur à peine guéri

Le temps ne fut point réparateur, nos pales espoirs se sont vieillis.

‭Ô toi qui te meurtris, par ton emportement,

Est-ce à cause de toi que la terre devrait rester abandonnée !?

Dans nos vils habitudes, nos passions et nos sentiments

J'ai pu trouver le beau, au milieu des âmes qui s'évitaient.

Je t'aime, tu m'habites. Tu m'aimes, je m'abime

Dans une nuit sans étoiles, Cayennes, t'oublier est un crime.
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