Dans la vallée de l'ombre de la mort,
Au milieu des vautours et des cœurs orphelins,
J'ai trimballé mes maux et remords
Dans une quête qui n'eut aucune fin.
Si les yeux sont le miroir de l'âme,
Vois donc l'abîme qui s'ouvre en moi
Dans le théâtre des ronces et des larmes
Cayennes, mes derniers rêves seront pour toi.
Jusqu'au dernier son de ton cœur, jusqu'aux derniers grammes de souffre
Jusqu'à ce que mes promesses t'atteignent, et ce quoi qu'il en coûte.
Au milieu d'un amas desséché, de nos plus sombres secrets
J'ai effleuré, avec ferveur, nos plus belles cicatrices,
Même quand l'univers et Morphée me prirent celles que j'ai aimé
Cayennes dans l'insomnie, j'ai contemplé nos précipices.
Tes paroles-couteaux, saignent encore mon cœur à peine guéri
Le temps ne fut point réparateur, nos pales espoirs se sont vieillis.
Ô toi qui te meurtris, par ton emportement,
Est-ce à cause de toi que la terre devrait rester abandonnée !?
Dans nos vils habitudes, nos passions et nos sentiments
J'ai pu trouver le beau, au milieu des âmes qui s'évitaient.
Je t'aime, tu m'habites. Tu m'aimes, je m'abime
Dans une nuit sans étoiles, Cayennes, t'oublier est un crime.