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Trahison amicale

Trahison amicale
Je ne t’ai pas perdue d’un coup.
Tu t’es éloignée
par petites absences,
par réponses plus courtes,
par silences
que je faisais semblant
de ne pas voir.
Une amitié ne meurt pas en criant.
Elle s’éteint
comme une lampe
qu’on oublie d’alimenter.
Je t’avais confié
mes peurs sans cadenas,
mes joies sans calcul.
Je croyais que nos mots
étaient en sécurité
chez toi.
Puis j’ai appris
que certaines confidences
voyagent plus vite
que la loyauté.
La trahison amicale
ne coupe pas la peau.
Elle coupe la confiance.
Et ça saigne plus longtemps.
Le pire n’est pas
ce que tu as fait.
C’est que tu savais
où frapper.
Aujourd’hui
je ne te déteste pas.
Mais je te regarde
comme on regarde
une maison brûlée :
avec tristesse,
et la certitude
qu’on n’y habitera plus.