Derrière l'écran lumineux, un visage transformé,
Les traits adoucis, le regard agrandi, un étranger créé.
Les filtres lissent l'acné, illuminent le teint,
Une version idéalisée, un simulacre atteint.
Il se cache derrière cette image polie,
Masquant les doutes, la timidité enfouie.
Le besoin d'approbation, la quête de "likes",
Deviennent une béquille où son identité s'enclique.
Il sculpte son apparence, effaçant l'imparfait,
Dans la peur du jugement, du regard contrefait.
Le corps se muscle en ligne, les poses s'affirment,
Une virilité factice qui ses peurs enferme.
Ce garçon perdu dans le labyrinthe digital,
Cherche une identité, un écho amical.
Mais le filtre est un voile, une prison dorée,
Qui l'éloigne de lui-même, de sa vérité ignorée.
Il rêve d'authenticité, d'un regard sincère,
Qui voit au-delà du masque, de cette chimère.
Mais la facilité du clic, la promesse d'un "j'aime",
Le retiennent captif de cette image qu'il sème.
Alors, comment le guider vers son propre reflet,
Celui qui n'a pas besoin d'artifice ni de secret ?
Lui montrer la beauté brute de son jeune âge,
La force de ses faiblesses, le courage de sa page
Blanche à écrire. Il faut briser le miroir truqué,
L'inviter à se montrer tel qu'il est, sans être choqué
Par l'imperfection humaine, cette richesse infinie.
Car c'est dans l'acceptation de soi que l'âme est bénie.
Ce garçon perdu derrière les filtres attend,
Un phare dans la nuit, un amour inattendu,
Qui l'aidera à s'affranchir de cette image vaine,
Et à trouver sa place, sans aucune autre chaîne.
©rina30
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